Design éditorial : 10 éléments fondamentaux qui structurent la mise en page d’un livre
Prenez un livre que vous aimez feuilleter. Un livre que vous trouvez agréable à lire. Je parie que vous savez exactement où poser les yeux et que chaque élément vous guide précisément là où votre oeil doit se diriger. Je parie que chaque page respire et que les chapitres se repèrent facilement. Ceci est possible lorsque rien n’est placé au hasard, et pourtant, vous ne vous dites jamais : « Quel beau travail de mise en page. »
C’est justement le travail consacré au design éditorial.
Un design éditorial réussi ne cherche pas à voler la vedette au contenu, au contraire, il le porte. Il aide le lecteur à avancer dans le livre, mais aussi à le comprendre et à s’arrêter au bon endroit s’il le faut. À l’inverse, lorsqu’un livre est trop dense, visuellement confus ou simplement mal équilibré, la lecture est fatigante et ce, même avec un excellent texte.
La mise en page d’un livre est ce qui sert à mettre en valeur un contenu texte en choisissant la bonne police d’écriture, en créant des respirations évidentes entre les différents élements et en selectionnant les bons éléments graphiques pour correspondre au style éditorial recherché. Et aussi pour maintenir une cohérence visuelle tout au long du livre.
Voyons les 10 éléments de design éditorial fondamentaux qui permettent de structurer une mise en page professionnelle.
Qu’est-ce que le design éditorial d’un livre ?
Le design éditorial, c’est tout ce qui va permettre d’organiser visuellement le contenu d’un livre. C’est la manière dont le lecteur va entrer dans le texte, repérer les informations importantes, parcourir le livre d’un chapitre à l’autre et comprendre facilement la structure de l’ouvrage.
Le design éditorial donne un cadre au contenu. Il définit les règles qui seront appliquées tout au long du livre : le format des pages, la taille des marges, les typographies, les niveaux de titres, les espacements, les couleurs ou encore la place des images et des encadrés.
Ces choix ne seront évidemment pas les mêmes pour un roman, un guide pratique, un carnet à remplir ou un livre d’entreprise. Chaque ouvrage possède son propre rythme, son propre public et sa propre manière d’être lu.
Design éditorial et mise en page : quelle différence ?
Les deux notions sont étroitement liées, mais elles ne désignent pas tout à fait la même chose. Le design éditorial définit l’univers visuel et les règles graphiques du livre. La mise en page consiste ensuite à appliquer ces choix concrètement, page après page.
Autrement dit, le design éditorial imagine le système alors que la mise en page lui donne vie. C’est cette réflexion en amont qui permet d’obtenir un livre cohérent du début à la fin, plutôt qu’une succession de pages simplement remplies de texte.
Les 10 éléments fondamentaux
Le format du livre
Le format est la première décision à prendre, car tout le reste va s’y adapter. Dans chaque catégorie de livre, il exsite des formats standards. En revanche, il est possible aussi de choisir son format en dehors du cadre standard. Ceci en fonction de son contenu également.
Un petit format donne généralement une impression plus intime. Un format plus grand laissera davantage de place aux illustrations, aux exercices ou aux contenus structurés en plusieurs blocs. Le bon choix dépend donc autant du sujet que de la manière dont le lecteur utilisera le livre.
Prenons un guide pratique. S’il contient des tableaux, des encadrés, des listes ou des schémas, un format trop étroit risque de rendre les pages trop chargées et de compliquer la lecture. Alors qu’un roman composé principalement de texte n’a pas forcément besoin d’un grand espace pour remplir sa fonction. En revanche, cela ne veut pas dire qu’on soit obligé d’en faire un livre de poche.
Le format influence le nombre de pages et, par conséquent, le coût d’impression. En effet, un format plus grand permettra de faire tenir davantage de contenu sur une même page et donc de réduire le nombre de pages final. En revanche, un format plus petit peut, au contraire, augmenter sa pagination. Mais, choisir le bon format pour son livre doit avant tout se faire en cohérence avec le contenu qu’il propose, mais aussi avec l’usage que le lecteur en fera et le public visé.
La grille de mise en page
Derrière chaque page bien construite se cache une structure invisible. Cette structure sert à définir où placer le texte, les titres, les images, les encadrés et tous les autres éléments du livre. Grâce à elle, les pages conservent un équilibre, même lorsque leur contenu varie.
La grille peut être très simple, avec une seule colonne de texte, ou beaucoup plus élaborée lorsqu’un ouvrage contient plusieurs niveaux d’information. Un manuel pédagogique, par exemple, peut avoir besoin d’une zone dédiée au contenu principal, d’une autre pour les exemples et d’un espace réservé aux conseils pratiques. Sans grille, les éléments peuvent manquer de cohérence d’une page à l’autre.
Le lecteur ne voit pas cette structure, mais il en ressent immédiatement les effets. Son regard circule plus facilement, lorsque les informations sont bien organisées. Une bonne grille ne doit toutefois pas enfermer le livre dans une mise en page trop rigide. Elle sert de cadre, tout en laissant suffisamment de liberté pour créer du rythme et adapter certaines pages lorsque le contenu le demande.
Les marges et les espaces blancs
Contrairement à ce que l’on peut croire, les espaces blancs ne sont pas des zones perdues. Ils jouent un rôle essentiel dans le confort de lecture.
Les marges empêchent le texte de se retrouver trop près du bord de la page ou de disparaître dans la reliure. Elles permettent également de créer un équilibre entre le contenu et l’espace disponible.
Une marge intérieure trop étroite oblige le lecteur à ouvrir fortement le livre pour accéder au texte. Une marge extérieure trop petite donne une impression d’enfermement ou de pages trop étroites. À l’inverse, des marges trop larges peuvent réduire l’espace consacré au contenu et augmenter le nombre de pages inutilement.
Les respirations entre les paragraphes, les titres, les images et les encadrés sont tout aussi importantes. Elles évitent de présenter un bloc compact dans lequel aucune information ne semble se distinguer.
Nous avons parfois tendance à vouloir remplir chaque espace. Pourtant, une page plus aérée paraît plus élégante et plus facile à parcourir. Le blanc met en valeur ou marque une transition, car il donne aussi au lecteur quelques secondes de repos avant d’entrer dans une nouvelle idée. Dans le design éditorial, ce qui n’est pas rempli compte autant que ce qui l’est.
Le choix des typographies
La police d’écriture donne immédiatement une tonalité au livre. Certaines typographies paraissent classiques et littéraires. D’autres sont plus modernes, créatives, sobres ou institutionnelles. Le choix doit correspondre au sujet du livre, à son public et à l’image que l’auteur souhaite transmettre.
Il faut cependant distinguer la typographie utilisée pour le corps du texte de celle réservée aux titres. Le texte courant doit rester confortable à lire. Si une police peut sembler jolie sur une couverture ou dans un titre, elle peut devenir fatigante lorsqu’elle est utilisée dans de longs paragraphes.
Les titres peuvent, eux, avoir davantage de caractère, car ils participent à l’identité graphique du livre et permettent de différencier les parties, les chapitres et les sous-sections. Il est rarement nécessaire de multiplier les polices. Deux familles typographiques bien choisies suffisent généralement : une pour le texte principal et une autre pour les titres ou certains éléments particuliers.
La taille des caractères, l’interlignage et la largeur des lignes jouent également un rôle important. Le bon choix est celui qui se fait presque oublier. Le lecteur ne doit pas avoir à fournir un effort supplémentaire pour déchiffrer le contenu.
La hiérarchie visuelle des informations
En ouvrant une page, le lecteur doit comprendre rapidement où il se trouve et par quoi commencer. Le titre principal doit se distinguer des sous-titres. Le texte courant ne doit pas être confondu avec une citation, une définition ou une remarque secondaire. Chaque niveau d’information a besoin de son propre traitement.
Cette hiérarchie peut être créée grâce à la taille des caractères, à la graisse, à la couleur, à l’espacement ou à la position des éléments sur la page. Le but n’est pas de donner un style différent à chaque information, mais de mettre en place quelques codes et de les conserver tout au long du livre.
Si tous les titres ont la même taille, le lecteur ne comprend pas immédiatement lequel introduit une grande partie et lequel correspond à une simple sous-section. Si des encadrés présentent la même fonction, ils doivent posséder une couleur et une forme identique pour les identifier facilement.
Cette hiérarchie évite au lecteur de chercher et lui permet de comprendre visuellement ce qu’il lit. Elle est particulièrement essentielle dans les guides pratiques, les livres d’expertise et les ouvrages pédagogiques, où le lecteur ne suit pas toujours le contenu de manière linéaire.
Les ouvertures de chapitres
Une ouverture de chapitre marque une pause. Elle indique au lecteur qu’une nouvelle étape commence. Elle peut être très sobre, avec un numéro et un titre, ou avoir une composition particulière. Tout dépend du style du livre.
Dans un roman, une ouverture discrète peut suffire pour ne pas interrompre le récit. Dans un carnet guidé ou un livre pratique, elle peut au contraire annoncer l’ambiance du chapitre et présenter les objectifs de la partie qui commence.
Ces pages créent du rythme et structurent les différentes parties du livre pour mieux se repérer. Elles participent également à l’identité du livre. Lorsqu’elles sont conçues avec soin, elles deviennent des repères visuels que l’on retrouve au fil des pages. Il faut toutefois éviter de les surcharger. Une ouverture de chapitre doit donner envie d’entrer dans la suite, pas détourner l’attention du contenu.
Les en-têtes, pieds de page et numéros de page
Les en-têtes, les pieds de page et les numéros de page semblent être de simples détails techniques. Pourtant, ils facilitent la navigation et sont autant de repères visuels utiles à la composition d’un livre.
Les numéros de page permettent évidemment au lecteur de se repérer, de retrouver une information à partir du sommaire ou de reprendre sa lecture là où il l’avait laissée. Les en-têtes peuvent rappeler le titre du livre, le nom d’une partie ou celui du chapitre en cours. Ils sont particulièrement utiles dans les ouvrages pratiques, les manuels ou les documents professionnels.
Ces éléments doivent rester discrets, car leur rôle est d’accompagner la lecture, pas de prendre le dessus sur le texte. Leur position doit également tenir compte de la différence entre les pages de gauche et celles de droite. Dans un ouvrage imprimé, la mise en page se pense en vis-à-vis et non comme une simple succession de feuilles indépendantes.
Certaines pages demandent aussi un traitement particulier. Il est par exemple courant de retirer les en-têtes ou les numéros sur une page de titre, une ouverture de chapitre ou une page entièrement illustrée. Ce sont ces ajustements qui donnent à l’ensemble un aspect réellement abouti dans le design éditorial d’un livre.
Les images et les illustrations
Une image n’est pas uniquement là pour remplir un espace. Elle peut expliquer une idée, illustrer un exemple, porter un propos en créant une émotion ou alléger une page particulièrement dense.
Dans certains livres, elle joue un rôle aussi important que le texte. Son intégration doit donc être pensée avec soin. La qualité du fichier est également essentielle. Une illustration nette à l’écran peut devenir floue ou pixelisée une fois imprimée si sa résolution n’est pas suffisante.
Le style visuel doit rester cohérent tout au long du livre. Mélanger des photographies très réalistes, des illustrations minimalistes, des icônes colorées et des dessins de styles différents peut rapidement donner une impression désordonnée. Les légendes, lorsqu’elles sont nécessaires, doivent être facilement identifiables sans être confondues avec le texte principal.
Dans un design éditorial réussi, les images ne sont jamais simplement posées sur la page. Elles font partie de la composition et participent pleinement au message transmis.
Les encadrés, tableaux, citations et pictogrammes
Tous les contenus présents dans un livre n’ont pas la même fonction. Certains peuvent expliquer une notion, d’autres donner un conseil ou attirer l’attention sur un point important. Les encadrés, tableaux, citations et pictogrammes permettent de distinguer les différentes informations d’un coup d’oeil. Un encadré peut signaler une astuce, un pictogramme peut annoncer un exercice, une mise en forme particulière peut faire ressortir un chiffre, un témoignage ou une étude de cas.
Ces codes facilitent la lecture et permettent au lecteur de retrouver plus rapidement ce qu’il cherche. Ils doivent cependant être utilisés avec mesure. L’idéal est de définir quelques catégories d’informations, puis d’attribuer à chacune un traitement visuel précis.
Un même type de conseil doit conserver le même style du début à la fin. Le design éditorial crée ainsi une sorte de langage visuel que le lecteur apprend à reconnaître au fil du livre sans que ce soit forcément expliqué.
La cohérence visuelle de l’ensemble
Un livre peut contenir de belles polices, de jolies couleurs et des images de qualité tout en donnant une impression désordonnée. Ce qui fait la différence, c’est la cohérence entre tous ces éléments.
Les titres doivent suivre les mêmes règles d’un chapitre à l’autre. Les espacements doivent rester réguliers. Les encadrés doivent avoir une fonction identique si elles ont le même aspect. Cette cohérence ne signifie pas que toutes les pages doivent être parfaitement similaires. Un livre a besoin de variations pour conserver du rythme. Certaines pages peuvent être très aérées, d’autres plus riches en informations. Mais ces variations doivent toujours donner l’impression d’appartenir au même ouvrage.
La couverture et l’intérieur doivent également dialoguer. Un livre dont la couverture est moderne et minimaliste ne devrait pas révéler une mise en page intérieure chargée de couleurs, d’ornements et de typographies très décoratives, sauf si ce contraste répond à une intention réelle.
Comment reconnaître un design éditorial réussi ?
Un bon design éditorial est avant tout adapté au contenu et à la manière dont le livre sera utilisé. Pour l’évaluer, il suffit parfois de feuilleter l’ouvrage et de se poser quelques questions simples.
Le texte est-il agréable à lire ? La mise en forme met-elle suffisamment le texte en valeur ? Les pages paraissent-elles équilibrées ? Les informations importantes sont-elles repérables facilement ? Les éléments graphiques ont-ils une véritable utilité ? La mise en page reste-t-elle cohérente du début à la fin ?
Il faut aussi tester le livre dans les conditions réelles de lecture. Un fichier peut sembler parfaitement équilibré sur un grand écran, puis révéler des caractères trop petits, des marges insuffisantes ou des images trop sombres une fois imprimé. C’est pour cette raison qu’une épreuve papier reste particulièrement utile avant de valider définitivement la maquette.
Le design doit également correspondre au lecteur visé. Un ouvrage destiné aux enfants, aux professionnels, aux étudiants ou à un public plus âgé ne peut pas être conçu de la même manière.
Le design éditorial met le contenu en valeur
Un livre ne devient pas professionnel simplement avec un texte bien écrit. Il faut encore lui donner une forme et construire un univers capable de transmettre l’intention de l’auteur dès les premières pages.
Chaque élément mentionné ci-dessus est fondamental à respecter pour obtenir une mise en page professionnelle qui structure parfaitement un livre. Ne cherchez pas à en faire trop, essayez de trouver le bon équilibre entre personnalité et cohérence.
C’est ce travail, souvent discret, qui transforme un manuscrit en un livre que l’on a envie d’ouvrir, de feuilleter et surtout de continuer à lire.
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Questions fréquentes sur le design éditorial
Qu’est-ce que le design éditorial ?
Le design éditorial correspond à la conception visuelle et à l’organisation graphique d’un contenu destiné à être lu. Dans un livre, il détermine notamment le format, les marges, les typographies, la hiérarchie des titres, la disposition des images et le traitement des différents éléments de la page.
Quelle est la différence entre le design éditorial et la mise en page ?
Le design éditorial définit l’identité visuelle et les règles graphiques du livre. La mise en page consiste ensuite à appliquer ces règles dans l’ensemble des pages. Les deux sont donc complémentaires. Découvrez les différentes mise ne page de livre.
Pourquoi le design éditorial est-il important dans un livre ?
Il facilite la lecture, organise les informations et donne une identité cohérente à l’ouvrage. Une mise en page mal conçue peut rendre un excellent texte difficile à lire, tandis qu’un bon design éditorial accompagne naturellement le lecteur.
Quels logiciels utiliser pour réaliser la mise en page d’un livre ?
Le choix dépend de la complexité du projet. Un logiciel de traitement de texte peut convenir à un ouvrage simple, principalement composé de texte. Un logiciel professionnel de mise en page sera généralement plus adapté aux livres comprenant des images, plusieurs styles de pages, des encadrés ou une identité graphique élaborée. Vous trouverez ici un article complet sur les différents logiciels de mise en page de livre.
Combien coûte la mise en page professionnelle d’un livre ?
Le tarif dépend du nombre de pages, de la quantité d’éléments graphiques et du niveau de création demandé. La mise en page d’un roman simple ne nécessite pas le même travail que celle d’un guide illustré, d’un carnet à remplir ou d’un livre d’entreprise comportant généralement plusieurs éléments graphiques ou illustrations. Plus d’informations à ce sujet sur cette page.



